Mon métier de décoratrice d’intérieur : vos questions


Le métier de décoratrice d’intérieur plait. Il fait rêver. De plus en plus de monde s’y intéresse. Certains pensent même à se reconvertir. C’est ce que j’ai fait en 2020. Et j’ai lancé mon entreprise en 2021. Chaque année, je reçois des e-mails ou des messages pour discuter de mon parcours, de mes difficultés, et des engagements que nécessite le métier de décoratrice d’intérieur.

Il est maintenant temps d’en faire un article ! Ici, je partage mon point de vue et mon expérience personnelle. Si tu es intéressée par le métier de décoratrice d’intérieur, tu es au bon endroit pour en découvrir un peu plus. Et bien sûr, croise ces informations avec celles d’autres de mes collègues ! C’est toujours intéressant.

Je parlerai dans cet article en employant le genre féminin, car la plupart de mes demandes sur le métier proviennent essentiellement de femmes. Et j’adopterai également le « tu ».

Sommaire de l’article :

Quel est ton parcours ?

J’ai un profil scientifique de base. Je sors d’une école d’ingénieur en électronique et énergie. À cette époque, je savais déjà que je ne voulais pas travaillé dans ce domaine, mais j’ai tout de même terminé l’école. Donc, à la fin de mes études en 2015, je suis allée chercher de nouvelles compétences en vente et en administration. J’ai été salariée jusqu’en 2019. En parallèle, j’ai été photographe de mode et de portraits depuis 2008 mais non en freelance (tu comprendras le lien par la suite).
 
Fin 2019, une opportunité s’est présentée à moi. J’ai eu une rupture conventionnelle. C’est à ce moment-là que tout a commencé.

Qu’est-ce qui t’a motivée à te reconvertir ?

Depuis que j’ai commencé la photographie en 2008, j’ai su que je voulais être mon propre patron. Faire ce qu’on aime, quand on veut, c’est quelque chose qui me faisait rêver. Mais j’avais mes études et à ce moment-là, c’était ma priorité. Tu sais, pour garantir mon futur. En parallèle, mon temps libre était dédié à la photographie. Et pourtant, quand vient la fin de mes études en 2015, je ne me sens pas légitime de me lancer en tant que photographe professionnelle. Alors je me donne comme objectif d’aller chercher des compétences dans le monde du salariat, qui m’aideront à gérer une entreprise. Autant te dire maintenant, que c’était du déni.
 
Quatre ans de salariat et c’était la confirmation que je ne voulais et pouvais plus en faire partie. Des collègues non bienveillants, des cadres de travail tournés sur le chiffre où l’humain n’avait pas sa place ou encore des objectifs toujours plus hauts sans pour autant avoir de reconnaissance, ces raisons m’ont poussé à reconsidérer ma vie et ce que je voulais en faire. Et pour autant, je ne me sentais toujours pas légitime pour être photographe professionnelle.
Fin 2019, la rupture conventionnelle s’est présentée à moi. J’ai tout de suite accepté. Juste avant que je parte pour un voyage de 3 semaines au Vietnam. Et ce voyage m’a « sauvé ». Je ne savais pas encore ce que j’allais devenir et honnêtement, ce n’était pas ma première préoccupation. Je voulais juste de nouveau voyager. Surtout me ressourcer et prendre le temps de vivre le moment présent.
 
Fin du voyage, retour à la réalité. « Hélène, qu’est-ce que tu as envie de faire pour les 40 prochaines années ? ». Je n’avais pas envie d’abandonner la photographie, ma première passion depuis maintenant 10 ans. Je m’étais donc souvenu qu’avant de rentrer en école d’ingénieur, j’avais aussi candidaté pour être architecte. Créer des projets en architecture et ensuite pouvoir les prendre en photo, c’était une évidence, c’était mon projet de vie. Cependant, retourner sur les bancs d’école pendant 5 ans alors que j’en avais déjà donné 7, non merci. J’ai donc cherché le métier de décoratrice d’intérieur. Moins engageant en termes d’études et il y avait toujours du sens dans ma vision de mon futur : c’était le départ de mon aventure pour être décoratrice d’intérieur.

As-tu réalisé des stages dans le cadre de ta reconversion ?

Je n’en ai pas fait et je pense qu’il aurait été bénéfique d’en faire un.
 
Dans mon cas, je n’avais aucun contact et aucune connaissance dans le domaine, donc j’ai appris sur le tas. Ça ne m’a tout de même pas empêché d’avoir des clients dès ma première année mais je pense que faire un stage peut apporter plus de sérénité avant de se lancer.

Quelles difficultés potentielles as-tu rencontrées ? Dans la reconversion en tant que telle, au sein de la formation, en découvrant le métier ou autre ?

Lors de ma reconversion, les difficultés ont été d’ordre personnelles. Se reconvertir, c’est être prêt à aller chercher soi-même la motivation au plus profond de soi car je me suis sentie souvent seule. Même si il y a des espaces d’échanges créés pour cela (espace élève interne à l’école, groupe whatsapp), on se retrouve entre « débutants » devant des notions étrangères avec quelque part, la peur de ne peut-être pas bien comprendre, de ne pas bien faire, de ne pas avoir de bonnes notes, de ne pas réussir. Il y a aussi le fait que les cours soient souvent succincts ou basiques. Il faut savoir aller chercher l’information ailleurs pour avancer. Il y a aussi le fait d’apprendre à se « déconstruire ». Les formations aujourd’hui gardent le système de notations et personnellement, je ne trouve cela pas constructif. Ce qui fait qu’une décoratrice d’intérieur soit une bonne décoratrice d’intérieur, n’est pas basé sur le fait qu’elle ait eu 10 ou 18/20 à son devoir de formation. D’ailleurs, jusqu’à maintenant, aucun de mes clients m’a demandé de quelle école je sortais.
 
Lorsque j’ai découvert le métier, les difficultés ont été d’ordre entrepreneurial. Le métier de décoratrice d’intérieur, c’est 20% de décoration, 80% d’entrepreneuriat. Si tu as l’image d’une décoratrice qui passe son temps à créer des plans, les décorer… Ce n’est juste que la surface visible de l’iceberg. Je passe la plupart de mon temps à développer mon entreprise. Choisir ce métier à son compte, c’est avant tout être une dirigeante d’entreprise et assumer tout ce qui gravite autour, d’autant plus quand on est seule. C’est-à-dire comprendre, apprendre, savoir et agir avec une vision court, moyen et long terme en gérant sa comptabilité, ses charges, sa publicité, sa prospection, son marketing et son relationnel client tout en développant ses propres compétences liées au métier (nouvelles normes, œil créatif et dimensionnel, comprendre les métiers complémentaires). C’est prendre conscience et être prêt à assumer qu’il peut y avoir des mois difficiles, des mois à 0€, qu’on ne parle plus de « salaire », qu’on ne compte plus ses heures. Et si cela arrive, il faudra trouver la force de vite rebondir.
 
Donc je dirai que la plus grande difficulté que ce soit dans la reconversion ou le métier de décoratrice d’intérieur, c’est de faire face à ses responsabilités et à soi-même. C’est faire le choix de pousser ses barrières, ses limites, sortir de sa zone de confort. Ce n’est pas seulement être motivée, c’est être et restée constante et disciplinée. Ce n’est pas facile tous les jours, pour autant, c’est une belle expérience à vivre peu importe le résultat.
 
Petit plus : Entoure-toi d’un entourage qui soit bienveillant et surtout qui te soutien. Connecte-toi aussi à des personnes qui sont aussi freelance si tu te lances dedans. Ma famille et certains de mes amis ne comprennent pas tout ce que je traverse mais je sais qu’ils me soutiennent à leur façon. Et j’ai de la chance aussi d’avoir un cercle d’amis principalement d’entrepreneurs, donc ça m’aide énormément à partager les bons comme les moins bons moments !

Quels types de projets traites-tu : particuliers vs tertiaire, projet déco vs maitrise d’œuvre ?

Je travaille sur des projets pour particuliers et professionnels. J’interviens surtout en phase d’agencement et de décoration. Je ne fais pas de maîtrise d’œuvre, c’est-à-dire que les clients gèrent eux-mêmes leurs travaux (en recherchant leurs artisans ou en autonomie). Et s’ils n’en ont pas le temps ou pour une autre raison, je confie cette mission à un(e) collègue et j’assiste également pour garantir la pérennité du projet.
 
Aujourd’hui, j’ai plus de projets particuliers. Et j’aimerais tendre de plus en plus sur du professionnel. Pour autant, j’aime travailler avec ces deux types de clientèle car ce ne sont pas les mêmes approches.

Aujourd’hui quels sont, selon toi, les plus et les moins de ton métier ?

Pour moi, il n’y a pas vraiment de réponse à cette question. J’aime tout de mon métier de décoratrice d’intérieur, il y a juste des choses que j’aime moins faire. Comme chercher du mobilier et en faire une liste. Mais cela est propre à moi-même.
 
Si vraiment je dois donner les plus, ce serait :
    • Que chaque projet est différent. Même si le processus de travail reste le même, les problématiques et la vision de chacun de mes clients ne sont jamais identiques.
    • La liberté de gestion : mes horaires, mes tâches, mes projets
    • Que ça mêle créativité et normes. Il y a une part d’artistique et pour autant, il y a des règles à respecter. On ne va pas mettre par exemple n’importe quelle lampe à 20 cm du pommeau de douche ! 

Pour les moins :

    • Rien n’est jamais sûr. Nous n’avons pas un métier essentiel. Avoir une belle déco pour se sentir bien, c’est bien. Mais si on reste pragmatique, pour bien dormir, il faut un lit. Qu’il soit beau ou non, c’est juste un lit.
    • Notre métier n’offre pas nécessairement de récurrence. Dans le sens où souvent, quand un projet se termine avec un client, cela s’arrête là.  Il n’y a pas de « maintenance » à faire. Donc il faut savoir chercher de façon continue les clients pour que l’activité puisse tourner. 
    • La possibilité de se sentir seule, coupée du monde. Surtout si on travaille seule et de chez soi. On voit moins de monde. On parle littéralement moins. Le quota social peut être relativement diminué. D’où aussi le fait de savoir bien s’entourer.
Ce qui est sûr, c’est pour quoi je fais ce métier et pourquoi je l’adore. J’aime énormément la relation que je crée avec mes clients. Savoir qu’ils me confient leur personnalité, leur intimité. Qu’ils me fassent confiance pour leur intérieur. Et savoir que je les aiderai à évoluer personnellement à travers leur intérieur. Qu’ils me remercient d’être présente pour cela. Ça. C’est ce pourquoi j’adore mon métier.

Quelles sont les compétences nécessaires pour réussir dans ce métier ?

Pour réussir dans ce métier, je dirai que c’est un savant mélange entre savoir être, savoir vivre et savoir faire. C’est être psychologue, médiatrice, observatrice, créative, bienveillante, décisive, empathique, réactive, attentive, flexible, communicante et patiente. C’est aussi avoir le sens de l’esthétique, de la fonctionnalité et maîtriser un minimum les outils (dessin, logiciel de modélisation ou de retouches) pour aider un client à se projeter.
 
Je veux prendre des cours avec toi !

Prends-tu des stagiaires ou des alternants ?

Non, je ne prends ni stagiaires ni alternants. Si un jour cela devait être le cas, je créerai une fiche de poste et je diffuserai l’annonce.

As-tu des conseils pour devenir décoratrice d’intérieur ?

Si tu en es ici, j’ose espérer que tu as lu toutes les autres questions. Car j’y réponds un peu tout le long. Mais si je devais résumer.
Pour devenir décoratrice d’intérieur :
    • être créative,
    • comprendre la psychologie
    • aimer l’adaptabilité.
Pour devenir décoratrice d’intérieur à son compte :
    • être créative,
    • comprendre la psychologie
    • aimer l’adaptabilité.
    • assumer le fait d’être (son propre) patron.
Ta passion ne restera pas seulement passion. Il deviendra avant tout un métier.
Pour autant,
sois toi-même.

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